Un H2 posé au hasard, ça se voit tout de suite quand on ouvre le code source d’une page. On trouve des titres partout, parfois un H3 avant un H2, parfois cinq H2 qui se suivent sans qu’aucun ne raconte la suite du raisonnement. Google lit pourtant cette suite de balises comme un plan, un peu comme la table des matières d’un livre. Mal construite, elle ne dit rien. Bien construite, elle raconte l’article avant même qu’on ait lu une ligne du corps de texte.
les balises Hn sont un plan de document, pas une réserve de mots-clés
Les balises Hn, qu’on appelle aussi headings, sont des éléments HTML prévus pour organiser le contenu d’une page. Rien de plus, rien de moins. Elles existent depuis le début du web, bien avant que quiconque parle de référencement, et leur rôle n’a jamais changé : découper un texte en niveaux lisibles. Les traiter comme des emplacements où l’on glisse une expression cible revient à utiliser un plan de architecte pour y écrire des slogans. Le document perd sa fonction première, celle de guider la lecture.
La documentation technique du site jot2016saint-etienne.fr rappelle d’ailleurs que ces balises sont dites sémantiques : elles indiquent à Google quelles informations comptent et à quel niveau. Une page dont les H2 décrivent fidèlement les sections se fait parcourir sans effort. Une page dont les H2 répètent tous la même requête à peine reformulée ressemble à un empilement, et l’algorithme n’a plus grand-chose à en tirer.
six niveaux, une seule logique d’emboîtement
Le H1 ouvre le document. C’est le titre principal de la page, le point d’entrée de tout le reste, et l’idéal reste de ne l’employer qu’une fois. WordPress le gère souvent à votre place, ce qui évite déjà pas mal de dégâts.
En dessous, les H2 divisent le contenu en sections, les H3 en sous-sections, et les niveaux H4 à H6 servent aux découpages plus fins, ceux qui n’apparaissent que dans les textes longs ou techniques. Chaque niveau doit être contenu dans le précédent, jamais l’inverse.
Un H2 ne peut pas vivre à l’intérieur d’un H3. C’est mécanique : le H3 est un enfant du H2, pas son parent. Cette règle d’emboîtement est celle qu’on casse le plus souvent sans le voir, parce que l’éditeur visuel de WordPress ne l’affiche pas. On choisit une taille de titre à l’œil, on valide, et l’on obtient un H4 orphelin au milieu d’une section de niveau deux. Google reçoit alors un plan avec un trou dedans.
ce que révèle un saut de niveau
Un H2 suivi directement d’un H4, sans H3 entre les deux, signale une rupture dans la hiérarchie. Sur une page, ça passe encore. Répété sur trente articles, ça dessine un site dont la structure ne tient pas debout, et les moteurs comme les lecteurs d’écran s’y perdent de la même façon : les lecteurs d’écran utilisent ces niveaux pour naviguer au clavier, donc un plan bancal les bloque aussi.
Franchement, la correction ne prend pas longtemps. On remonte dans le code, on change la balise, on vérifie que chaque niveau intermédiaire existe. Ça dépend des thèmes, mais la plupart du temps le problème vient d’un rédacteur pressé qui a voulu un titre plus petit pour des raisons purement graphiques. Le CSS sert à ça, justement : réduire la taille d’un H3 sans le transformer en H5.
pourquoi trop de H2 brouille la lecture de Google
Une page avec douze H2 de même importance n’a pas de plan. Elle a une liste. L’algorithme ne sait plus quelles sections sont principales et lesquelles sont secondaires, puisque tout est logé à la même enseigne.
Le lecteur non plus, d’ailleurs : il scrolle, il voit des titres défiler, et rien ne lui indique où il se trouve dans le raisonnement. Un bon plan tient en peu de sections fortes, chacune portant une idée qu’on peut résumer en une phrase. Sur ce point, voir aussi notre article sur budget crawl google.
Quand un article mélange vraiment plusieurs angles, le H3 devient l’outil naturel. Il descend d’un cran, découpe la section en morceaux plus petits, et le H2 reste ce qu’il aurait toujours dû être : une annonce de section. Multiplier les H2 pour caser des variantes de requête produit l’effet inverse de celui recherché, car le plan s’aplatit au lieu de se structurer.

les défauts qu’on retrouve à chaque audit
Les mêmes erreurs reviennent d’un site à l’autre, presque dans le même ordre. Elles ne demandent aucune compétence technique particulière pour être repérées, seulement un peu d’attention en relisant le code source de la page publiée.
- Le H1 est dupliqué parce que le thème en génère un et que le rédacteur en a ajouté un second dans le corps.
- Des H2 qui ne disent rien de la section, du genre « Notre approche » ou « Pour aller plus loin », valables sur n’importe quel article du site.
- Un titre de niveau trois glissé avant le premier H2 de la page, comme s’il ouvrait la marche.
- Pourquoi les titres intermédiaires disparaissent-ils dès qu’on copie-colle un texte depuis un traitement de texte ?
- Des sections entières sans aucun titre, sur trois ou quatre paragraphes, qui deviennent invisibles dans le plan.
Le copier-coller depuis Word ou Google Docs garde une mise en forme qui n’a rien à voir avec la structure HTML. On récupère des balises de paragraphe grasses là où il faudrait un titre, et des titres réels qui ont sauté. Un passage par l’éditeur en mode texte, avant publication, règle la plupart de ces cas.
écrire le plan avant d’écrire les titres
La méthode la plus fiable ne commence pas dans WordPress. Elle commence sur une feuille, avec les cinq ou six idées que l’article doit transmettre, rangées dans l’ordre où le lecteur doit les recevoir. Ce sont ces idées qui deviendront les H2.
Une fois la liste posée, on vérifie qu’aucune ne pourrait être fusionnée avec sa voisine, puis on cherche ce qui mérite un H3 à l’intérieur de chacune. Si une section n’a qu’un seul H3, c’est souvent qu’elle n’en avait pas besoin.
Cette façon de faire a un avantage secondaire : elle révèle les articles qui n’ont pas de plan du tout. Quand on n’arrive pas à écrire six titres qui se suivent logiquement, c’est que le sujet n’est pas assez découpé ou que deux articles se mélangent dans la même page. Mieux vaut le découvrir avant la rédaction qu’après la publication.

La relecture finale se fait en masquant le corps du texte, en ne gardant que les titres. Si la suite se comprend toute seule, le plan tient. Sinon, il reste du travail, et ce travail se fait sur les titres, pas sur les paragraphes.
un plan clair se voit avant même d’être lu
Structurer ses H2, ce n’est donc pas distribuer des expressions cibles dans des niveaux de titres. C’est donner à Google, et au passage à quiconque lit la page, une carte du contenu, avec ses entrées principales et ses ramifications. Les balises sont là pour ça depuis le départ, et les six niveaux n’existent que pour permettre cet emboîtement.
Un article dont on peut deviner l’argument en lisant les seuls titres gagne sur tous les tableaux : parcours plus facile pour l’algorithme, relecture plus rapide pour l’humain, navigation possible au clavier. La prochaine fois que vous ouvrez un billet avant de le publier, faites le test des titres seuls : que reste-t-il du raisonnement une fois le corps du texte masqué ?
