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Med Hondo, voix off, acteur et réalisateur engagé.

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Med Hondo, voix off, acteur et réalisateur engagé.

De 1965 à 1969 iI écrit le scénario de son premier grand film ” Soleil Ô”qui obtiendra diverses récompenses. Nous avons là une cinglante attaque du colonialisme. On y découvre l’immigré africain en quête de travail  et se heurtant à moult difficultés : le racisme de ses collègues , le total désintérêt des syndicats, l’indifférence des dignitaires africains résidant à Paris. Il y dénonce violemment les polichinelles installés au pouvoir, dans nombre de pays africains, par une certaine bourgeoisie française .En 2017,à Cannes, on projette  à nouveau ce film, un classique apprécié que l’on a  restauré; mais ce cri de révolte sera ensuite interdit dans de nombreux pays. Hondo dérange, et la censure se fait alors entendre. Cette censure, il se propose  toujours de la combattre ,et pas pour ses seules  œuvres .Elle ne doit émaner, dit-il, que du seul public. Réalisateur profondément engagé, il défend inlassablement la liberté de création. Il se tourne également vers le cinéma à portée sociale, et vers la voix off !

Quelques références de Abib Mohamed Medoun Hondo

En 1973 “ Les Bicots- Nègres , vos voisins”, témoigne de la situation des travailleurs immigrés en France . Ils ont quitté leur pays pour fuir la misère, l’esclavage. Or la France aveugle, indifférente, leur offre une autre misère, plus insupportable. Au pays de la liberté, de l’égalité, de la fraternité, ils subissent brimades, discriminations. On leur offre des logements sordides…

En 1977 “Nous aurons toute la mort pour dormir” , appel à l’action, montre la lutte du Front Polisario, mouvement politique armé du Sahara occidental qui lutte contre l’occupant espagnol.

“West Indies” ou “Les Nègres marrons de la liberté dans les caraïbes” revient sur le colonialisme. Comédie musicale sur la traite des nègres qu’ Il  qualifie de “music-hall tragi-comique” .

“Lumière noire”, ce bel oxymore, retrace en 1994 la reconduite à la frontière d’un malien, dans un aéroport parisien.

Dans “Watani, un monde sans mal”, il  défend l’existence des sans-papiers et dénonce l’absurdité de la condition de l’homme noir, des exploités

“Fatima, l’algérienne de Dakar”, ce sont deux mondes qui se découvrent : l’Algérie et le Sénégal. Deux grands courants culturels sont mis en lumière dans un drame où une femme violée ,ira cependant au bout de son destin. C’est le dernier film tourné en 2004

Les récompenses obtenues

Des récompenses lui ont été attribuées : le prix Fespaco en 1966 au Burkina Faso et cette même année celui du meilleur film au festival de Londres grâce à  “Sarraounia”, virulente critique de la conquête de l’Afrique par la France . On y voit une reine mythique,Sarraounia, et sa communauté livrer bataille à des troupes coloniales ayant perdu le sens commun.

Les titres de ses films, vous l’aurez remarqué, retiennent l’attention. Med Hondo n’hésite pas à produire avec son propre argent : il doit réveiller les peuples africains, mais aussi déranger les néo-colonialistes. Cette grande figure du cinéma était en France une voix populaire certes mais aussi un scénariste, une énergie toujours en éveil, un rebelle, un homme profondément engagé qui a durant sa vie voulu éveiller les consciences, crier son amour de la liberté. Sa longue carrière fut éclectique. Aujourd’hui, dans son pays d’accueil, sa voix s’est tue, mais il restera parmi les plus grands cinéastes, lui qui sut œuvrer inlassablement pour le Panafricanisme, lui dont l’ambition était d’être le souffle, la parole  des révoltés, le chantre de la liberté.

 

 

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